Parce que …

Parce que …

Ils ont été nombreux à le chanter

Charles Aznavour, Serge Gainsbourg, Barbara, Vianney …

Moi je ne sais pas chanter, je sais écrire, oui mais …

Je n’ai pas d’inspiration, parce que …

Je suis fatiguée, je ne trouve plus les mots, je n’ai plus confiance en moi…

Tout ceci ne sont que des excuses, j’en suis consciente

Aussi pour participer au défi 256 mené par Colette, chez les Croqueurs de Môts,

qui nous demandait d’assembler des phrases pour en faire un texte cohérent,

à partir de phrases de chansons sur le thème de l’automne ou celui de notre choix,

j’ai choisi un sketch de Muriel Robin.

On vient d’me… remettre une lettre. Je crois qu’c’est mon fiancé !
J’vous demande deux p’tites minutes, hein, j’voudrais être fixée…
J’vérifie quand même…
Ma chérie,
– C’est moi… j’vais lire alors, hein ? Deux secondes ! J’vais m’mettre là, ce sera pas plus mal, moi, tiens ! Allez ! Alors…
Ma chérie, je t’écris d’Amsterdam où je me sens si seul sans toi, je ne sais pas vivre sans toi, je t’en supplie :
Ne me quitte pas, il faut oublier, tout peut s’oublier…

– Enfin y’a des trucs que j’ai bien en travers moi, quand même, hein, mais enfin bon !
Qui s’enfuit déjà…
– Quoi ? « Qui s’enfuit déjà ? ». J’comprends pas c’que ça veut dire.
Excusez-moi, j’suis un peu troublée, j’m’attendais pas à une lettre comme… Je, je reprends, alors…
Il faut oublier, tout peut s’oublier, qui s’enfuit déjà…
– Pour moi, ça n’veut rien dire, hein ! Aaah, d’accord !
« Il faut oublier, tout peut s’oublier… [pause] Qui s’enfuit, déjà ??? »
Bon, qui s’enfuit déjà, on l’saura pas, euh… je sais pas euh… y’a pas plus, y’a rien, alors euh… bon… alors !
Oublier le temps des malentendus et le temps perdu à savoir comment,
Oublier ces heures qui tuaient parfois à coups de pourquois le cœur du bonheur…

– Des heures, des après-midis, des weekends entiers… Ah oui, hein ! Le jour, la nuit…
Lui, c’est un garçon, ça n’le dérangeait pas d’me réveiller à 4 heures du matin pour savoir si j’l’aimais.
Moi, à 4 heures du matin, je n’aime personne, JE DORS !
Non, cette histoire de lit, ça m’fait des palpitations, enfin bon… alors, après…
Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas…
– Ça m’rappelle une chanson, moi, ça ! Je sais ! Serge Lama ! ‘Je suis malade’…
C’est ça, c’est toujours ces garçons qui vous font du chantage affectif en fin de compte…
Et c’est quand on s’en va qu’ils s’rendent compte de votre valeur, voilà ! Alors…
Moi, je t’offrirai des perles…
– J’en veux pas d’tes perles ! Il pense que c’est avec des cadeaux qu’il va rattraper l’coup, lui ?!
Je sais très bien pourquoi il m’met ça :
Parce qu’une fois déjà, on s’était disputés et il m’a eue comme ça… avec une grenouille !
Oui, parce que j’fais la collection de… de grenouilles.
Oh ben alors, la semaine dernière, j’étais dans les Pyrénées, j’en ai trouvé une sur un p’tit marché…
Elle est, pff, j’sais pas, elle est grande, oh elle est comme ça, elle est en faïence… … . D’accord, ça ira…
… de pluie…
– [pause]…
C’est pas clair, son truc, hein !
Moi, je t’offrirai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas
– Très fort, toujours plus malin qu’les autres ! Oh non, mais ça c’est…
Je creuserai la terre jusqu’après ma mort
– [pause]…
… pour couvrir ton corps d’or, et de lumière…
– Faut quand même que j’vous dise une chose importante, il se droguait déjà avant que j’le connaisse !
Je ferai un domaine, où l’…
– Quand j’lis ça, ça m’fait un p’tit chkrouchfougnou parce que… il voulait faire plein d’choses, et j’aimais bien ça.
Euh, c’est vrai en lisant ça, oui, j’ai une image très précise où un jour il a débouché dans la chambre en disant :
– « Oui, si j’avais un marteau, je cognerais le jour, je cognerais la nuit…  »
Je l’connais, il y aurait mis tout son cœur ! Il voulait faire une ferme, une grange avec une histoire d’barrièr…
Et alors, il allait y mettre du monde là-d’dans : son père, sa mère, ses frères et ses sœurs ! Le bonheur, hein, on peut l’dire !
Ça, pour les projets, y’avait du monde, hein ! J’dis ça parce que… j’l’attends encore l’domaine, m’enfin bon, c’est pas… alors…
Je f’rai un domaine où l’amour s’ra roi, où l’amour s’ra loi, où tu seras…
– J’lis pas c’qu’il a mis, là, alors…
… où l’amour s’ra roi, où l’amour s’ra loi, où tu seras…
– RUINE ?!? Hein ? ça doit pas être ça. On va dire qu’c ‘est pas ça parce que ça va m’contrarier…
Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas…
– C’est pas qu’j’les compte, hein ! Mais y’en a quand même dix depuis l’début ! Je pense que c’est l’idée maîtresse de la lettre !
Je t’inventerai des mots… insensés !… que tu comprendras …
– Mais, c’est très gentil…
Je te parlerai de ces amants-là qui ont vu deux fois leurs cœurs s’embraser…
– Vois pas du tout pourquoi il m’met ça, mais enfin…
Ah si, c’est des amis à nous, Madeleine et Émile ! Bien sûr…
Ils étaient ensemble, ils ont cassé, ils s’sont plus vus et le jour où ils s’sont r’vus, plrlrlr… c’est r’parti !
Enfin, belote… et re-belote ! Enfin… « Deux fois leurs cœurs s’embraser »… Ah oui, oui… c’est joli, d’ailleurs, comme histoire…
Emile, je l’vois peu mais enfin, Madeleine, on est carrément… on est amies !
D’ailleurs, hier… j’l’ai attendue, Madeleine… [pause]
Oui parce que… on devait aller au cinéma, elle aime bien ça, Madeleine, la prochaine fois, j’lui apporterai des… enfin, bon !
… je te raconterai l’histoire de ce roi, mort de n’avoir pas pu te rencontrer…
– Eh ben, c’est pas ma faute ! « Ce roi mort de n’avoir pas pu te rencontrer » : en même temps, c’est très… très joli, hein…
C’est très joliment.. oui, je l’vois bien mais j’veux pas marcher à ça parce que… oh, j’suis embêtée, vous savez…
Ne me quitte pas, Ne me quitte p…
– Mmm.. Donc, là, on a notre paquet d’quatre, hein ! J’vous les passe, hein, c’est pas la peine…
On a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux…
– [pause]. (Elle ne paraît pas trop contente)…
Il est paraît-il des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril…
– Comment j’dois l’prendre, ça, à votre avis ?
J’sais pas, il a l’air de dire que « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes »…
à ce moment-là, le vieux pot, c’est moi ! Franchement, c’est pas l’passage que j’préfère, hein !
Il a quand même le chic pour m’en servir une juste avant la fin, hein ! Bon, ça va bien, j’vais pas m’énerver pour ça…
Et quand vient le soir, pour qu’un ciel flamboie…
– [elle s’énerve et elle tape sur la lettre comme pour la remettre à plat]…
Tu sais c’qu’il te dit, le vieux pot ? Excusez-moi, ça m’a echappé, j’suis un p’tit peu contrariée, là… Bon, alors…
… Et quand vient le soir…
– (Donc) [elle retape sur sa lettre]…
… pour que…
– [retape sur sa lettre]…
N’empêche que l’vieux POT… t’étais bien content… Bon, ben ça va bien, laisse tomber… alors…
Et quand vient le soir, pour qu’un ciel flamboie, le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ?
– Mmmm ? [sur un ton de défi]
Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas
– T’avais qu’à y penser avant !!! Voilà !
Je ne vais plus pleurer…
– Mmm, m’étonnerait ça ! … Je n’vais plus prendre, je n’vais plus vendre… eh oui, ‘-ER’, c’est bon !
Je ne vais plus pleurer, je ne vais plus parler, je me cacherai là à te regarder danser et sourire…
– [pause]…
… et à t’écouter chanter et puis rire…
– Oui, moi, j’pense que… [elle met son poing sur son nez pour montrer qu’il doit être saoul]… j’vois qu’ça !
Ça m’fait beaucoup d’peine, mais j’vois qu’ça, hein !
Laisse-moi devenir l’ombre de ton ombre…
– Mmmm.. bien sûr !
… l’ombre de ta main…
– Oui… ben on va faire comme ça, y’a pas d’raison, non plus, hein !
… l’ombre de ton chien !
– En plus, ça va faire plaisir à tout l’monde, ça !
Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas…
– Alors, si, justement ! « Je te quitte, je te quitte, je te quitte… je le quitte » !
C’est pas un garçon comme ça qu’il m’faut ! Ah non, c’est pas reposant, c’est trop compliqué…
Je sais même pas comment ça marche, j’suis pas même équipée pour, alors !
Bon alors, à côté de ça, je r’connais qu’c’est très très joliment écrit, je l’sais…
Je l’sais parce que c’est un p’tit peu comme ça qu’il m’a eue… Ben oui, c’est joli, quoi… c’est les poètes !
Moi, je marche à ça, quoi, c’est, c’est, c’est.. magique ! C’est magique !
Y’en a un, un qu’j’aimais beaucoup… oh, j’suis sûre que vous l’connaissez tous.
Il s’appelait… Jacques…
… Prévert !

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